Historique de la commune

La source de ce récit historique d’Ivry est un ouvrage rédigé par Emile Budin intitulé « Mon village ».

Emile Budin est un enfant d’Ivry, il y est né le 30 mai 1888, il fût un instituteur à l’esprit curieux et épris de culture générale.

I/ Origine et évolution du village

D’après l’étymologie, Ivry  a pour forme primitive EBURIACUM qui signifie le domaine de l’EBUROS.

EBUROS étant le possesseur du domaine rural (de la villa d’Ivry).

Au début du 19ème siècle, le service des postes attribua au village le nom d’Ivry en Montagne (suivant l’usage des rouliers et transporteurs).

Les premières habitations furent implantées en deux lieux distincts :

-          A Coraboeuf, à l’emplacement actuel du château (une maison forte + un fief)

-          Au village d’Ivry, et plus précisément au-dessous de l’église, autour de la fontaine St Etienne (une villa romaine)

A défaut de documents écrits sur Ivry, en observant les chemins primitifs qui relient Ivry aux villages voisins, on peut déterminer la configuration du village (chemin de Corcelles, chemin de Cussy, chemin de Molinot, chemin de Santosse).

Ces différents chemins partent tous du cœur du village, à savoir l’emplacement de l’église.

Coraboeuf était aussi lui-même, un nœud de plusieurs chemins.

Ivry, comme beaucoup de villages est un village double :

-          Le vieux village bâti sous l’église, constitué de maisons de journaliers.

-          Le nouveau village qui a aligné ses grandes maisons (auberges de relais) à partir du 17ème siècle, le long de la route royale (alors nouvelle) .

II/ Ivry au Moyen-âge et la féodalité

Deux familles seigneuriales coexistent à Ivry, les d’Ivry et les Coraboeuf

         1/ Les d’Ivry

Peu de documents sur cette famille

Au 14ème siècle, Liénart d’Ivry se voit saisir de sa terre par le prévôt de Beaune.

On ne connait pas les raisons de cette sanction.

        2/ Les Coraboeuf

         Un des premiers noms à apparaître dans les écrits est celui d'Hugues de Coraboeuf (vers 1154).

         Le domaine de Coraboeuf aura plusieurs familles de propriétaires (par héritage, par mariages ou par achat) :

-          Les Coraboeuf (jusqu’au 14ème siècle)

-          Les Salins (du 14ème siècle à 1517)

On ne sait pas si la propriété a été acquise suite à un mariage avec une fille Coraboeuf ou par l’achat de la seigneurie tombée alors en déshérence.

-          Les Edouard (1517 à 1677)

Par mariage (avec Anne de Salins en 1577)

-          Les Saint Martin d’Agencourt (1677 à 1738)

Par héritage 

-          Les Spada (1738 à 1763)

Par héritage et mariage

En 1763, Sébastien Charles Antoine de Spada vend la propriété à Jean Baptiste Richard de Curtil. Ce dernier fait ériger la seigneurie en marquisat.

III/ Ivry au temps de la Révolution (1790 – 1800)

Si aucun fait sur Ivry avant 1790 n’est répertorié, on peut toutefois penser que les événements parisiens étaient rapidement connus, d’autant qu’Ivry était situé sur la grande route de Paris parcourue chaque jour par les voitures publiques.

         1/  Gestion administrative de la commune

         En application du décret de l’Assemblée Nationale du 14 décembre 1789, des élections municipales sont organisées. Le dimanche 7 février 1790, après différents tours de scrutin, le curé Lejeune est élu maire.

Cette élection est une surprise et une déception pour certains habitants. Une plainte est déposée auprès du commandant de la milice de Beaune et l’élection est  annulée.

Une seconde élection est alors organisée le dimanche 14  février 1790 et Jean Pannetier est élu maire.

Le conseil municipal d’Ivry est composé de 10 membres :

Maire : Jean Pannetier

Officiers municipaux : F Dupont et J Millard

Procureur : J Goutara

Notables : J Bonnot, Ed Larché, P Duvergey, R Poinsot, Et Mercier, Dominique Pannetier

Le curé Lejeune déposa à son tour une réclamation qui n’aura pas de suite. 

En cette année de 1790, suite à une réorganisation administrative, Ivry est choisi comme chef- lieu de canton, sans doute à cause de sa situation sur la grande route. Au Printemps de l’année 1800, le canton d’Ivry est supprimé, la commune est alors rattachée au canton de Nolay. 

Le dimanche 9 décembre 1792, après de nouvelles élections (environ 30 votants), F Maugras est élu maire et en 1794, F Dupont lui succède.

Une modification importante a été apportée en 1795 à l’administration des communes, à savoir qu'il n’y a plus de municipalités communales, mais une municipalité de canton où chaque commune est représentée par un agent communal et son adjoint, lesquels siègent  à l’assemblée cantonale.

Cette assemblée a un président et un secrétaire élus. Ils sont assistés d’un commissaire du pouvoir exécutif nommé par le ministre de l’intérieur. F Maugras est élu président le 1 octobre 1795.

Les jours suivants ont lieu les élections des agents communaux et de leurs adjoints.

Pour Ivry, J Pannetier et R Poinsot sont élus.

Le 17 avril 1800 se tiendra la dernière séance du conseil du canton, le canton d’Ivry étant supprimé. 

         Au cours de cette période, des élections sont aussi organisées pour désigner les électeurs devant participer aux élections nationales. 

On constate que lors de ces différentes élections, il y a très peu de participation.

Pour gérer la commune, on assiste, au cours de cette période, à plusieurs nominations de la part de la municipalité :

-    Un recteur d’école, J Commeau en 1790

-    Un secrétaire greffier de la municipalité : J Finot, puis J Commeau en mai 1791

En mars 1792, ce dernier sera remplacé par JB Laroux, sans doute en raison de sa graphie trop fantaisiste; il sera aussi démis de ses fonctions de recteur d’école.

-          Un marguillier (Dominique Léger en 1791), son rôle est d’assister le curé, de faire sonner les angélus et de creuser les fosses pour les enterrements.

-          Un commissionnaire qui doit assurer la transmission des messages entre le canton d’Ivry et Beaune (directoire du district)

-          Un commandant de la garde nationale

-          Des personnes chargées de recouvrer l’impôt

Le 28 novembre 1795, Bénigne Gentes est nommé (par le ministère de l’Intérieur) commissaire au pouvoir exécutif auprès de l’administration du canton. Il est chargé d’assurer la liaison entre le pouvoir central et l’administration locale, de maintenir le pur esprit révolutionnaire au sein de l’assemblée cantonale.

Au lendemain de la terreur du 9 thermidor an III (le 28 juillet 1794), après la chute de Robespierre, on pouvait s’attendre à un profond changement dans le personnel municipal. Or il n’en est rien.

Quelques personnes seront remplacées, d’autres, après un temps d’observation, conserveront leur poste. (c’est le cas pour F Maugras qui conservera sa place de notable (conseiller municipal)).

Un dossier de dénonciations de plusieurs fonctionnaires existe au bureau de police du district de Beaune, les différentes plaintes seront examinées, mais la plupart des accusés seront acquittés.

        2/  Forces de police et mesures de sécurité :

Une garde nationale est créée, elle est composée de citoyens et son rôle est celui d’une police municipale. A partir de 1795, les hommes  (à partir de 16 ans) qui n’étaient pas requis pour le service militaire, mais qui étaient en état de porter les armes, étaient affectés au service de la garde nationale.

En avril 1799, cette garde nationale doit être réorganisée, on dresse alors une liste de tous les hommes valides de 20 à 60 ans. Ils seront répartis en 8 compagnies (une par commune) sensiblement égales. La garde nationale du canton comptera 485 hommes.

Cette même année, une colonne mobile (100 hommes) sera créée, le but étantd’avoir en complément des forces sédentaires, un groupe mobilisable et prêt à marcher.

Les officiers de cette colonne mobile sont élus parmi les citoyens «les plus jeunes, les plus robustes et faisant preuve d’un civisme irréprochable».

La fuite du roi et son arrestation à Varennes en juin 1793 entraînent à Ivry la réquisition de toutes les armes possédées par les citoyens (l’ordre est transmis par un gendarme d’Arnay). On craignait que l’absence du roi ne fût un signal pour l’anarchie et le désordre.

De plus, il est aussi demandé au commandant de la garde nationale d’établir un piquet de garde de jour et de nuit (les municipalités voisines étant invitées à participer à ce service) pour arrêter tous étrangers «quelconques», viser les passeports et empêcher les sorties d’armes et d’argent.

Jean Pannetier (membre du conseil municipal) se rend le 17 juin 1793 sur convocation au comité départemental de Salut Public. Le comité lui donne «plein pouvoir pour aviser aux moyens de préserver la patrie des maux dont elle est menacée et de maintenir l’unité et l’indivisibilité de la République, ainsi que le règne de la liberté». 

Cette même année 1793, le conseil décide de constituer un comité de surveillance de douze personnes. Ce comité aura pour rôle de «surveiller avec exactitude et procéder à l’arrestation des personnes qui se trouveront suspectes tant dans notre commune que dans toutes autres et s’assembler au moins une fois par mois pour conférer…»

        3/ Relation entre la municipalité et le château de Coraboeuf

Le conflit latent entre le seigneur et les habitants, motivé par l’existence de droits seigneuriaux s’opposant aux droits communaux, prend de l’ampleur à partir de 1791.

La municipalité demande à Monsieur Richard, comme l’y autorise l’Assemblée Nationale, la destruction des signes patibulaires du régime féodal. Mr Richard, malgré sa promesse, ne fait rien.

Au reste, pour marquer son désaccord avec le pouvoir en place, il était de notoriété qu’il refusait  d’assister aux offices de prêtres assermentés.

Le conseil municipal se rend à plusieurs reprises au Château de Coraboeuf pour enjoindre le seigneur «de détruire toutes sculptures représentant l’abominable féodalité».

Un des fils de Monsieur Richard rétorque qu’il ne s’agit que d’armoiries extérieures.

Il semblerait en effet que la municipalité ait fait une confusion  sur le sens des mots «armes» et armoiries» dans les consignes transmises par le Directoire.

Pourtant les armoiries qui figuraient sur la porte d’entrée ont été martelées. Quand? Et par qui? 

Le 28 juin 1791, les officiers municipaux se rendent à nouveau à Coraboeuf pour procéder au désarmement du château. Sur les 8 fusils de chasse présentés, 6 seront pris par les officiers, les 2 autres seront rendus au propriétaire du château pour assurer sa défense au besoin contre quelque bête dangereuse.

Le 12 avril 1793, les officiers municipaux assistés de la garde nationale se rendent  à nouveau à Coraboeuf pour «désarmer» le château. En l’absence des propriétaires (Mr Richard est décédé en 1792 à Besançon, sa veuve réside à Beaune), les officiers sont reçus par le fermier du château  Maritout qui leur remet les 2 fusils de chasse.

Le 10 avril 1796, le conseil du canton, suite au projet du département d’établir une maison d’arrêt ou un dépôt de sûreté dans chaque canton, propose de transformer le château de Coraboeuf en une prison et garnison.  Cette proposition n’est pas retenue par  l’administration départementale pour les motifs suivants: le château n’est pas propriété nationale, il est simplement sous séquestre (la veuve Richard peut demander la main levée), les fenêtres ne sont pas grillées et il n’y a pas d’écurie pour les chevaux.                                                         

Le 17/08/1797 est enregistré l’avis de radiation su la liste des émigrés des frères Richard, Nicolas, Pierre, Charles et Andoche, qui auront la jouissance provisoire de leurs biens et la levée des scellés et séquestres sur les biens de la veuve Richard leur mère, moyennant caution.

Mais, au début de l’année 1798, des mesures sont prises à l’encontre des émigrés: le séquestre est rétabli sur les biens des ascendants des nobles prévenus d’émigration et non rayés définitivement de la liste. Ces mesures concernent la veuve Richard.

     4/ Relation avec le clergé

Pour obéir au décret de l’Assemblée Nationale du 2 novembre 1789 «mettant les biens du clergé à la disposition de la nation», le curé fait à l’administration du district le 27 février 1790, une déclaration des biens et revenus de la cure.

La municipalité procédera elle aussi, en avril de la même année, à une estimation de biens de la cure.

Le 23 janvier 1791, le curé Lejeune prête serment à la constitution (obligation faite aux curés par un décret de l’Assemblée Nationale).

Désormais, l’attribution des  «postes» de curés dans les différentes communes appartient aux instances  politiques locales (premières répartitions en mars 1791).

Le 28 octobre 1792 (conformément à la loi du 20 septembre 1792), on procède à l’élection d’un officier public de l’état civil (R. Poinsot).

Le 8 décembre 1792, le maire et R Poinsot se rendent  au presbytère pour faire l’inventaire des registres paroissiaux et les transporter à la chambre commune (mairie). Une décharge est donnée au curé qui n’aura plus ce rôle à tenir.

Par ailleurs, on peut noter que les premiers registres paroissiaux tenus à partir de 1579 sont communs à Ivry et Jours-en Vaux, et ce jusqu’en 1671.

Fin 1793, une délibération nationale prévoyait que désormais le 10ème jour de chaque décade serait  le jour du repos, et que ces jours-là, les lois seraient lues au temple de l’égalité (c’est-à-dire à l’église).

Le secrétaire Laroux afficha ce décret pour le porter à la connaissance de la population. Le curé Lejeune qui, depuis 2 ans n’avait plus prêché, monta en chaire le 24 novembre 1793 et «émut le peuple». Une foule de femmes et d’hommes se rendirent alors chez Laroux et le menacèrent de mort. La municipalité crut d’abord à une effervescence passagère et ne crut pas devoir réagir. 

Mais, enhardis, une partie des habitants conduits par un homme nommé Sellenet et son beau-père Larcher, se portèrent à nouveau chez Laroux, où ils commirent de voies de fait (vol de décrets).

Le premier jour du décadi (jour de repos) soit le 30 novembre 1793, la bande de Sellenet détourna  les citoyens de la séance prévue au temple de l’Egalité, et le lendemain, un dimanche, elle invectiva la femme du maire et sa nièce qui travaillaient alors.

Le 6 décembre 1793, des gendarmes de Beaune (à la demande de la municipalité) vinrent à Ivry pour mettre en état d’arrestation le curé Lejeune, Sellenet  et Larcher. Ils ne trouvèrent aucun de trois. La porte du presbytère fut forcée, des scellés mis et une garde établie.

On ne sait pas si les coupables furent pris par la suite, détenus ou relâchés.

Quelques jours plus tard, sur réquisition de deux membres du conseil de surveillance de Beaune, le maire F Maugras et J Pannetier (officier municipal) durent assister à l’enlèvement de différents objets du culte (ciboire, calice, croix d’argent, chasuble…). 

L’absence du curé et l’enlèvement des objets du culte entraînaient la suspension de tout exercice religieux, et bientôt la transformation de l’église en «temple de la raison» pour la célébration du culte décadaire (le décadi). 

Cependant, la population ne se ralliait pas unanimement au nouveau régime, alors le 6 mars 1794, la municipalité informa que seront désormais considérés comme suspects tous les individus qui travailleront le jour du décadi et qu'ils seront déclarés au comité de surveillance.

Le 10 mars 1794, pour remplacer l’ancien culte, la municipalité s’est rendue au temple de la raison où un grand nombre de citoyens est venu au son de la cloche. Le maire a ouvert la séance en criant à haute voix «vive la république», et chacun a répondu de même. Il a lu les lois et arrêtés, puis a fait prêter serment.

Le 12 mars 1794, le curé Lejeune remet à la municipalité (sur demande de la commune), les titres et papiers de la cure.

Le 27 janvier  1796, la municipalité du canton afin de répondre aux mesures nationales contre l’exercice du culte, demande aux agents municipaux de faire disparaitre tous signes extérieurs des culte,  de dénoncer les prêtres réfractaires et de faire cesser le son des cloches pour tout acte de religion.

Dans certaines communes (Molinot), la population (voire les autorités locales) s’oppose à la brigade de gendarmes (huit hommes) envoyée  par le département sur le canton d’Ivry afin de faire appliquer l’arrêté cantonal du 27/01/1796.

L’administration départementale décide alors de faire arrêter les prêtres réfractaires, agitateurs du mouvement de rebellion, de casser les cloches de Molinot, Saussey, Montceau et Grandmont, et de convoquer l’administration municipale pour lui enjoindre de donner des renseignements précis sur les auteurs et fauteurs de désordre.

La force armée sera logée chez les habitants.

En aout 1798, on met en pratique la loi concernant les prêtres réfractaires (ceux qui n’ont pas prêtés serment à la constitution) dont plusieurs sont encore dans la région, ainsi il sera procédé à des visites de domiciles chez les personnes soupçonnées de donner asile à ces ecclésiastiques. 

     5/ Organisation de la vie agricole

                  Les pouvoirs publics (commune, département …) interviennent régulièrement dans le domaine agricole :

-          Une des premières mesures  prises en mars 1790 par le tout premier conseil municipal, fut la réfection du mur du cimetière pour en interdire l’accès au bétail errant.

-          Il faut fournir en 1791 un état des grains (froment, avoine, orge, seigle…) et des bois à l’administration du département.

-          En 1793, le conseil d’Ivry, afin d’organiser le ravitaillement de la farine, décide de donner des bons de farine aux boulangers et aux particuliers.

-          En 1794, il est question de réquisitions de toutes sortes (chevaux, charrois, grains, porcs) notamment pour l’armée du Rhin.

-          Cette même année, la commune fixe le prix des journées de manœuvres comme des jours de charrue.

-          En 1795, un recensement des charrues et demi charrues est effectué, ainsi qu’un inventaire des grains récoltés. On apprend ainsi que malgré la bonne récolte, celle-ci ne pourra pas alimenter la commune pour une année complète, car Ivry est placée sur la route de Paris, ce qui donne beaucoup de voyageurs. C’est pourquoi la plupart des habitants sont obligés de s’approvisionner dans les communes voisines.

-          Une date de ban de fenaison est déterminée, et une amende est réclamée si cette date n’est pas respectée.

-          Après une demande faite à l’Assemblée Nationale en septembre 1790, Ivry est autorisé à créer les mercredis un marché de grains et autres denrées, ainsi que 4 foires annuelles. Cette demande était fondée sur le fait qu’Ivry étant traversé par une grande route très fréquentée (relais de poste et voitures publiques), et comme le village est très éloigné des grandes villes, il était presque impossible aux aubergistes de se procurer des vivres nécessaires à alimenter les voyageurs.

Afin d’attirer les bouchers,  la municipalité achètera un bœuf  qui leur sera livré gratuitement à titre de prime.

En raison de la loi du maximum, les marchés tombèrent en désuétude.

Votée en 1793, la loi du maximum fixait un prix plafond des marchandises, ceci dans le but d’éviter une flambée des prix et une spéculation des produits de première nécessité.

-          La commune se montre attentive à ce que la population n’exploite pas indûment les terres communales, d’ailleurs en 1793, elle intente un procès à un cultivateur.

-          Des battues aux loups sont organisées. Comme le 13 juillet 1797 à 5h du matin, où une battue est organisée par escouades communales  dans tout le canton. L’escouade d’Ivry battra les bois de la Servoine et de Sartin et fera sa jonction avec celles de Santosse et Molinot.

Une prime est accordée aux particuliers qui en tuent un, à condition d’en présenter les oreilles.  

     6/ Recrutement militaire

L’armée a besoin d’hommes, en 1791 on assiste aux premiers engagements volontaires pour une durée de 3 ans.

Le 25 aout 1792, afin de compléter le renfort réclamé par le général Biron (commandant de l’armée du Rhin) 8 personnes du canton furent désignées « volontaires » par Jean Pannetier (maire d’Ivry) et le commandant de la garde nationale (Maugras). La France vient alors de déclarer la guerre à l’Autriche (déclaration du 20 avril 1792).

En 1793, la situation de la France est critique, elle doit faire face à ses frontières à une coalition de plusieurs états, et à l’intérieur du pays au soulèvement de la Vendée.

Plus que jamais, l’armée réclame des soldats. Alors que cinq volontaires sur Ivry sont demandés par l’état -major, seul J Cordelier répondra à cet appel. Un tirage au sort sera organisé pour désigner les 4 autres « volontaires ».

Un arrêté de  février 1796 prévoit l’arrestation des réquisitionnés qui sont restés chez eux.

Afin d’endiguer ces cas de désertions, l’Etat demande aux agents communaux de dresser la liste des soldats rentrés chez eux et à la garde mobile du canton d’effectuer des patrouilles pour arrêter les militaires sans feuille de route.

Pour faire face aux nombreuses démobilisations (700 000 en 1794 et 380 000 en 1797) la loi Jourdan-Delbrel instaure à partir de 1798 une conscription (service militaire obligatoire) pour les jeunes hommes célibataires âgés de 20 à 25 ans.

Pour inciter les jeunes gens à accomplir leur devoir militaire, il est demandé aux municipalités de « recueillir de belles actions qui ont honoré le canton depuis l’aurore de la liberté ».

A Ivry, l’anecdote retenue est l’histoire d’un enfant soldat. Philippe, fils de JB Laroux, cafetier à Ivry, entend dire que « la patrie est en danger, qu’elle appelle ses enfants au secours », se présente le 12 août 1792 à la municipalité pour s’enrôler (il n’avait pas encore 13 ans). « Elle se refuse à sa demande à cause de la tendresse de son âge ; il se retire les larmes aux yeux », et insiste disant « qu’il n’y avait qu’un lâche qui pût se décider à rester chez lui ». Le commissaire aux enrôlements accède à sa demande et l’envoie au chef-lieu du district, où on le refuse encore et on l’engage à revenir l’année suivante.  On lui offre un assignat de 50 francs pour rentrer chez lui ; il refuse, s’obstine à partir ; finalement il fut reçu tambour à la 32ème demi-brigade. 

Le 20 octobre 1798, à Ivry , un jury est formé pour l’examen médical des conscrits, sous la direction du citoyen Boissée (officier de santé). Le premier départ des appelés aura lieu le 10 novembre 1798, mais certains refuseront de partir.  Alors, le 29 novembre 1798, le commissaire du département, arrivé de Beaune avec 26 hommes convoque les parents des insoumis pour enjoindre à  leurs fils de remplir leur devoir militaire. Les soldats du commissaire seront logés aux frais des parents du réfractaire tant que celui-ci ne se sera pas rendu aux autorités. Cette mesure sera efficace puisque seulement un seul (une personne de Molinot) refusera de se présenter. 

En mars 1799, afin de se conformer aux mesures établies par le ministre de la guerre pour lutter contre la désertion, la municipalité du canton demande aux agents communaux une vigilance accrue sur le retour de soldat dans leur famille, car il est de leur responsabilité de dénoncer les déserteurs au commissaire. L’agent communal d’Ivry, quant à lui, du fait de la situation du village (Ivry étant un lieu de passage) pourra faire appel à l’autorité militaire dès qu’il a un doute sur la feuille de route d’un soldat. Les agents communaux devront dresser un procès-verbal à chaque personne qui incite des conscrits à déserter (par exemple « en exagérant sur les fatigues et les dangers, en cherchant par ce moyen à amollir leur courage »). Les agents « auront l’œil ouvert » sur les individus soupçonnés de cacher des réfractaires.

 En 1799, suite à une levée d’hommes complémentaire, le canton connait de nouveaux cas d’insoumis, on les menace, on leur accorde un délai supplémentaire.

Une loi d’amnistie est votée pour les déserteurs.

Le 28 mai 1798 fût établi à Ivry un service des étapes et convois militaires pour l’hébergement et l’acheminement des soldats voyageant isolément,  particulièrement des blessés et des infirmes, entre Arnay et Chagny. Un préposé à ce poste devait leur fournir une voiture pour l’étape suivante.

     7/ les symboles républicains

         Pour renforcer l’esprit civique et citoyen insufflé par la révolution, l’Etat et les autorités locales organisent diverses manifestations.

         Il y a eu tout d’abord la fête de la fédération célébrée le 14/07/1790, et au cours de laquelle la population d’Ivry prononça le serment fédératif suivant : « Nous, habitants d’Ivry, pénétrés de la grandeur des motifs qui nous rassemblent, certains de notre persévérance dans l’union que nous avons contractée…. Nous jurons, au nom du Dieu des armées, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution du Royaume, d’être fidèles à la nation, à la loi et au roi, d’exécuter et de faire respecter la liberté commune et la liberté individuelle des citoyens…Nous jurons de poursuivre par le fer les téméraires qui oseraient tenter une contre-révolution … nous nous engageons mutuellement par l’honneur, le sang et nos fortunes, de nous rassembler au premier signal d’un péril commun pour combattre, vivre libre ou mourir ».

Une seconde fête de la fédération eût lieu le 14 juillet 1792.

La fête de la fédération a institué le serment civique, inaugurant une série de serments républicains.

         Les serments civiques sont régulièrement prononcés ou renouvelés par les officiers municipaux, la garde nationale, les fonctionnaires et le curé, par exemple comme le 28 février 1798 où ce jour-là, on planta un arbre de la liberté dans chaque commune du canton. Les agents municipaux devaient dénoncer ceux qui tentaient d’abattre ou mutiler les arbres.

La formule de ce serment a évolué au cours des ans, on peut retenir celle prononcée à Ivry le 29 août 1799, à l’occasion d’un renouvellement : « je jure fidélité à la République et à la constitution de l’an III. Je jure de m’opposer de tout mon pouvoir au rétablissement de la royauté en France et à celui de toute espèce de tyrannie. » 

         Des fêtes civiques sont organisées afin de remplacer les fêtes religieuses. Elles sont destinées à stimuler le zèle révolutionnaire des populations. C’est l’occasion pour les fonctionnaires de renouveler leur serment.

         La fête de la juste punition du dernier roi des Français (c’est l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI) est célébrée le 2 février 1796.

         La fête de l’anniversaire de la République est célébrée le 19 février 1797 par les autorités civiles et militaires. Cette cérémonie débutera par la lecture des droits et devoirs du citoyen, elle se termine par un banquet civique.

         La fête de l’agriculteur prévue chaque 28 juin, fut annulée en 1797 sur le canton d’Ivry .La municipalité répondit à l’administration départementale que les cultivateurs du canton sont très occupés à la récolte des foins, et par conséquent la fête n’aura pas lieu.

Un laboureur devait être distingué par « le succès de ses travaux, son intelligence, sa conduite, son activité. »

         Le 20 mars 1798, on célèbre la fête de la souveraineté du peuple. Le programme de cette fête est très précis :

La fête est annoncée la veille par quatre coups de canon. Sur la place d’Ivry est dressé l’autel de la patrie paré de verdure et de rubans tricolores

Le 20 mars, le drapeau de la garde nationale du canton est déposé en la maison commune ainsi que les fanions des compagnies. Le rappel est battu de bonne heure dans chaque commune pour que les citoyens se rendent au chef-lieu de canton, où la fête débute à 9 heures par une décharge de canon.

Un cortège partant de la maison commune se dirigera vers l’autel de la patrie. L’ordre de ce cortège est très réglementé, en tête 4 jeunes porteurs de bannières, ensuite les vieillards portant une baguette blanche, les membres de l’administration, l’instituteur et ses élèves, la garde nationale, les jeunes filles vêtues de blanc avec un ruban tricolore au bras, et enfin tous les citoyens.

L’un des vieillards prononce un discours qui est suivi d’un hymne patriotique  chanté par l’assistance.

Des jeux sont ensuite organisés pour les plus jeunes. Le banquet et le bal clôturent cette fête. 

Outre ces différentes fêtes, il a aussi le décadi (jour de repos du calendrier républicain), en 1797, l’administration considérant qu’il n’est pas dans son pouvoir de contraindre ses administrés à suspendre leurs travaux les jours de fêtes républicaines, elle peut néanmoins accoutumer le peuple à ces institutions en les faisant ponctuellement observer à tous les fonctionnaires. Ainsi l’école sera fermée les décadi et les quintidi, les professeurs devront obliger par tous les moyens possibles les enfants à se rendent à l’école tous les autres jours.

En septembre 1798, on demandera aux instituteurs de conduire leurs élèves le jour du décadi au temple (église).

Le 12 novembre 1798, on rappelle à la population l’interdiction de travailler le jour du décadi sous peine d’amende (à l’exception des travaux des champs, semailles et récoltes).

Suite au constat dressé par l’agent municipal d’Ivry sur la faible participation et le peu d’intérêt que les gens portent à fêter le décadi, il est décidé le 1 janvier 1799 la présence obligatoire de 20 hommes de la garde nationale (dans un habillement décent). On rappelle aussi aux agents et adjoints des communes qu’ils doivent donner l’exemple.

Le 18 janvier 1799, il est décidé que les mariages auront lieu pendant les fêtes du décadaire.

On constate en mars de cette même année, que le décadi n’est toujours pas respecté. 

Autre symbole républicain fort est le changement de calendrier. Si le calendrier républicain débute officiellement le 21 septembre 1792, il ne sera mis en place à Ivry qu’à partir de septembre 1793 (difficile de renoncer aux vieilles habitudes). 

A partir de 1794, certaines personnes avec peut-être un zèle républicain décide de changer de nom, par exemple René Poinsot se prénomme désormais Pervanche.

Voici quelques noms républicains à la mode : Orme, Peuplier, Aubépine, Pensée …

     8/ Impôts et emprunts 

En 1791, il fut procédé à plusieurs nominations pour le recouvrement de l’impôt ;  en mai, J Bonnot comme collecteur pour le recouvrement du  « don patriotique » et des impôts au titre de 1790, puis en octobre un collecteur des impôts pour 1791.

En septembre, des commissaires ont été désignés pour la fixation de l’impôt foncier sur les propriétés des différentes sections du territoire, une liste des plus gros propriétaires est  alors établie.

En avril 1792, la municipalité d’Ivry, à la demande de l’administration du département, doit établir un dossier pour chaque propriétaire qui rechigne à fournir les déclarations utiles aux contributions foncières et mobilières.

En 1797, la perception de l’impôt fait l’objet d’une souscription, à Ivry, elle est attribuée au citoyen David, moyennant 5 centimes par franc récolté.

De manière générale, on constate que les impôts rentrent mal, il existe des contributions arriérées datant de 1789.

On fait appel au civisme des contribuables en leur rappelant que cet argent est nécessaire pour lutter contre des ennemis extérieurs et intérieurs.

On menace les réfractaires à l’impôt de faire loger des soldats chez eux et à leurs frais, tant qu’ils ne se seront pas acquittés de leur dû.

En 1794, une sorte de corvée (en contrepartie d’un dédommagement financier) est rétablie pour l’entretien des routes suivant l’ordre du comité de Salut Public.

Cela comprend la fourniture des pierres pour les possesseurs de chevaux, tandis que les manœuvres devront casser les cailloux et les mettre en place.

En 1797, pour l’entretien des routes dans chaque commune, sont ouvertes des souscriptions volontaires de journées en nature ou en argent selon les facultés et le patriotisme de chacun.

Des barrières (péages) sont installées sur les routes. Mais les voyageurs et voituriers prenaient souvent des chemins détournés pour éviter ces barrières. Ces péages, d’abord en régie directe, furent par la suite mises en adjudication : les fermiers perçurent les taxes, mais furent obligés, d’après le cahier des charges, à la réparation des routes.

Il existait une barrière à Chagny et une autre à Arnay, mais en décembre 1798, jugeant une distance trop longue entre ces deux villes, une barrière fût installée à Ivry.

En 1795, un emprunt forcé décidé l’année précédente, fût mis en recouvrement. Des commissaires sont nommés dans chaque commune du canton pour évaluer la fortune des particuliers. De cette liste, on retient un tiers (soit 167 contribuables), ces personnes sont astreintes à souscrire à l’emprunt, ils ne peuvent se libérer en assignats (dépréciés) mais en argent ou en denrées. Mais en janvier 1796, le nombre des souscripteurs est jugé insuffisant. On l’étend aux « moins malheureux »,  on fixe une somme pour chaque commune.

IV/ Ivry sous l’ère Napoléonienne

         Après le coup d’état du 18 brumaire (le  9 novembre 1799) renversant le Directoire, un nouveau régime est instauré, le Consulat. Le Consulat est un régime autoritaire dirigé par trois consuls, mais en réalité par le seul premier consul (Napoléon Bonaparte). Ce dernier deviendra consul à vie en 1802, puis empereur de Français le 2 décembre 1804.

         En cette fin de 18ème siècle, on peut constater un désarroi  régner sur les différentes  administrations de la France, de l’appareil gouvernemental jusqu’aux plus lointaines campagnes. Les lois ne sont plus obéies, elles sont violées impunément, les levées d’hommes, les contributions, les réquisitions ne sont obtenues qu’avec  des hommes de la garnison, qu’on retire ensuite par lassitude.

1/  vie de la commune

Le canton d’Ivry ayant été supprimé (il n’y a plus de municipalité de canton), et la commune rattachée au canton de Nolay, Ivry n’est plus qu’une simple commune. Un maire a dû être nommé et une municipalité constituée. Pour la période de 1800 à 1802, aucune archive n’a été conservée, et au-delà de 1802, pendant toute la période du Consulat et de l’Empire, on constate que la vie municipale est très réduite (quelques actes de police, aucun écho des graves événements et des profonds changements ni des guerres qui affectent la vie du pays, lors du passage du Consulat à l’Empire).

En 1802, le maire Jacquin(celui-ci a été nommé par le préfet) licencie de ses fonctions le secrétaire de mairie le citoyen Demongeot ( son travail d’instituteur ne lui permet pas de fournir un travail assidu), il est remplacé par JB Laroux , cafetier à Ivry.

D’autres nominations, J Bonnot , préposé à la barrière d’Ivry (16 décembre 1801) ; deux gardes champêtres (septembre 1803), Et. Charle et Cl. Garet ; F Jaffelin comme pâtre (gardien) des cochons  de la commune moyennant 22,5 centimes par chaque tête de cochon par mois.

Composition du conseil municipal en 1803 :

Maire : Jacquin

Adjoint : David

Membres du conseil : JB Laroux, R Poinsot, F Dupond, F Maugras, A Gouraras, J Milliard, G Hermant, JB Finot, J Rousseau. 

Le 26 décembre 1804, R Poinsot est nommé maire en remplacement de Jacquin, démissionnaire.

Le 31 décembre 1805, le calendrier républicain est officiellement abandonné, on revient au calendrier grégorien à partir du 1 janvier 1806.

Le 13 mai 1810, J Pannetier est nommé maire par le préfet à la place de R Poinsot, ce dernier décèdera  peu de temps après sa démission.

En mai 1810, le conseil décide de construire un lavoir alimenté par la fontaine St Etienne.

Ce nouveau lavoir doit remplacer le lavoir du château tombé en ruine, la mairie ne pouvant le restaurer n’étant pas propriétaire.

En août 1811, le maire renouvelle l’ordonnance de police d’après laquelle, « il est défendu à tout vendant de vin ou autres spiritueux de recevoir des particuliers de la commune passés neuf heures du soir sous peine d’être poursuivi »

Le décembre 1812, un arrêté est pris contre les particuliers qui se permettent de jeter des boues et immondices qui se trouvent devant leur domicile, sur la voie publique.

Le 9 juillet 1814, J Pannetier a été suspendu de ses fonctions de maire, il est remplacé provisoirement par son adjoint Ménétrier.

A la faveur du retour de Napoléon, J Pannetier est réintégré dans ses fonctions, voici un extrait du courrier du préfet :  « considérant que le Sr Pannetier a été destitué de ses fonctions à raison de son attachement pour l’Empereur, Arrête :

Le Sr Pannetier est réintégré dans sa fonction de maire d’Ivry et le Sr Richard, qui avait été nommé à sa place, la cessera sur le champ… ».

Cette réintégration ne devait pas dépasser la période des Cent jours. 

Le 25 août 1814, le conseil suivant les consignes du préfet invitant les communes à s’occuper d’améliorer le sort des curés, décide d’accorder à M Delaroux, desservant la paroisse d’Ivry une augmentation de 120 euros.        

2/  Les chemins vicinaux

Un des principaux sujets de la vie d’Ivry est l’entretien des chemins.

Le 2 mai 1810, la commune d’Ivry décide d’élargir et d’empierrer la rue Potot et la rue Rousseau (ces deux rues vont d’Ivry à Cussy, l’une par le haut, et l’autre par le bas). Elle impose aux propriétaires riverains de saper ou d’arracher les haies vives qui bordent  ces deux rues.

Suite à une prescription de la sous-préfecture faites aux communes de réparer leurs chemins,  le conseil municipal désigne JB David pour un état des lieux  et un établissement  des priorités :

1/ le chemin de la bergerie, passant devant le château et allant à Santosse.     

2/ le chemin de la rue de la vigne allant aux moulins et à Molinot

3/ le chemin de la rue Rousseau pour aller à Cussy

4/ le chemin de Corcelles et de Jours en Vaux

En 1811, le conseil délibère  du changement de direction à apporter au chemin d’Ivry à Molinot, mais devant les difficultés et les dépenses, on se contentera de modifier des courbes sur une portion du chemin.

Le 24 mars 1811, il est décidé que les ouvrages d’arts des chemins vicinaux seront faits par corvée, cependant, les habitants pourront s’en acquitter par argent, celui-ci servira à payer la main d’œuvre de remplacement. D’ailleurs, les habitants sont divisés par trois classes, un plus grand nombre de corvées est assignée aux gens aisés « qui ont un plus grand intérêt au rétablissement des chemins que les malheureux ».

Le 1 septembre 1811, un accord est conclu entre la commune d’Ivry et M.Richard (propriétaire du château). Ce dernier s’engage à finaliser « la partie du chemin du dessus de Nacour pour aboutir aux bornes du finage de Santosse », à condition d’être déchargé de toute corvée pour les autres chemins. 

Le 18 août 1814, le conseil délibère au sujet de différents chemins vicinaux.

On constate que le chemin d’Ivry à Nolay par Santosse et la Chaume est impraticable aux voitures chargées. Or beaucoup de monde transite par Ivry, les cultivateurs de l’Auxois pour se rendre à la foire de Nolay, les vignerons de la région qui conduisent leur vin à Arnay.

Il est proposé de prolonger le chemin de Nolay à Cirey et de Cirey à la Chaume par un chemin passant sous le mont du télégraphe. 

3/  Les terrains et bois communaux

Un ancien conflit subsiste toujours entre la commune d’Ivry et les héritiers Richard au sujet de la propriété de bois communaux.

En 1653, la communauté avait vendu dans un moment de détresse (elle était accablée de dettes) les deux tiers des communaux à  Anne de la Boutière (Dame de Coraboeuf). Cette vente dès 1654 a été contestée car elle a été décidée par un petit nombre de personnes (18 habitants). De plus il semblerait de cette transaction ait été réalisée dans des conditions troubles, les 18 membres du petit groupe furent  « sollicités et surpris par le vin ».

 Par un arrêté de la cour de 1808, le maire est autorisé à faire toutes les démarches pour que ces possessions soient réintégrées dans le domaine communal.

Ce conflit prendra fin en 1828 avec un accord entre le propriétaire du château et la municipalité.

         Des habitants se sont accaparés des terrains de la commune, le long des chemins, ou des places vagues pour les englober dans leur propriété. En 1810, par ordre du préfet, les « détenteurs » de terrains communaux doivent en faire la déclaration. Ces terrains pourront d’ailleurs être vendus au plus offrant. 

         Des affouages sont attribués par tirage au sort, et si les lots d’affouages ne sont pas enlevés dans les délais établis par la commune, le maire peut alors décider de les confisquer aux profits de la commune.

4/  Les réquisitions

Ces réquisitions furent particulièrement importantes en 1814, tout d’abord par l’armée française, puis par les armées d’invasion qui occupent les villages de la côte et de l’arrière-côte.

On réquisitionne, du blé, de l’avoine, du foin, des bœufs…

Le 1 mars 1814, le maire J Pannetier va livrer à la commission des armes de Beaune 5 fusils qui ont été déposés à la mairie, car le port d’un fusil est interdit, même sous prétexte de chasse ; c’est sans doute une prescription du commandement allié.

Le 16 août 1814, la nouvelle municipalité en place s’inquiète de la liquidation des dettes occasionnées par le passage de troupes des armées françaises et étrangères qui se « rafraichissent » aux frais de la commune, de sorte qu’elle est endettée d’une somme importante.

Pour résoudre ces difficultés financières, le conseil d’Ivry pense demander aux autres communes de participer aux frais.

V/ Ivry à la Restauration

Suite à la défaite de Waterloo, Napoléon est contraint d’abdiquer (le 22 juin 1815).

Le 8 juillet 1815, Louis XVIII devient roi de France.

1/  La vie municipale

Au  début de cette période, Maritou, fermier du château est maire de la commune, probablement nommé par le Préfet.

La situation financière de la commune est assez sombre, plusieurs raisons à cela, des dépenses faites  entre 1814 et 1815 pour les troupes françaises, environ 15000 francs (Ivry a logé plus de 15000 militaires français que la commune a dû « rafraichir » en pain et en vin quand ils voyageaient isolément.), pour les armées alliées (18000 francs), mais aussi les réquisitions, les dégâts commis par la grêle (perte d’un quart des récoltes). Le déficit de la commune est évalué à 48000 francs.

Or ivry, ne compte que 110 familles dont plus de la moitié ne possède aucun bien. 

         Vers la fin de 1819, P Pannetier-Virely est  nommé maire par le préfet en remplacement de Maritou qui a quitté le village.

Le nouveau maire prête serment par devant le Sr Carnot, maire de Nolay, par ces mots « Je jure fidélité au roi, obéissance à la Charte Constitutionnelle et aux lois du Royaume. »

         Le 25 décembre 1819, un ordre de police rappelle qu’il est défendu de donner à manger et à boire après 10h du soir et pendant les offices divins. 

         Le 1er janvier de chaque année, la garde des bestiaux est confiée à un pâtre communal et donne lieu à une adjudication « au plus bas offrant ».       

2/  Répression du brigandage

En ce début de 1815, le brigandage régnait sur les routes, ainsi en avril 1817, trois vols ont été commis sur la grande route d’Ivry à La Rochepot (particulièrement désertée dans la traversée des Chaumes d’Auvenay).

Aussi le sous-préfet invite les maires à  requérir les habitants pour faire arrêter mendiants et vagabonds qui se présentent dans la commune. En outre, afin d’assurer la sureté des voyageurs, des patrouilles seront faites chaque soir (de 6h à 9h ou 10h) par des hommes choisis parmi les habitants.

Il n’est pas question de patrouille de nuit, car l’insécurité est totale.

A cette même époque, la route d’Ivry à Lacanche qui est presque tout au long dans les bois a été dégagée par des essartages, ce qui rendait les embuscades et les attaques plus difficiles.

3/ Foires

La municipalité a le souci de redonner quelque prospérité au village, notamment en faisant revivre les foires. Pour attirer un peu de monde, des affiches sont apposées dans les villes et villages de la région. De plus, une prime de 25 francs sera accordée à celui qui amènera le plus beau bœuf (ce bœuf sera paré de rubans et promené dans le village).

Des emplacements déterminés seront affectés aux chevaux, bœufs et vaches, moutons, cochons (ces emplacements resteront les mêmes jusqu’à la disparition des foires, au début du 20ème siècle, les chevaux « au-dessous d’Ivry », les bovins sur la grande place, etc). 

4/ Les biens communaux

Le conseil municipal organise les affouages par tirage au sort. L’affouage est attribué contre le paiement d’une taxe au percepteur, elle sert à couvrir les frais d’exploitation.

L’affouage est gratuit pour le curé, l’instituteur, la mairie et le pâtre.

Les lots non tirés ou non enlevés sont vendus au profit de la commune. 

         En 1828, un accord est conclu entre la municipalité d’Ivry et la famille Richard, la commune récupère, suite à un long procès, la propriété de bois communaux, ce conflit a duré 175 ans.

Il a fallu à maintes reprises (chaque année de 1825 à 1828) payer les frais de justices (avoué, avocats…), la commune a dû demander à chaque fois l’autorisation de faire une coupe supplémentaire de bois pour honorer ces dépenses (la commune est à peu près sans autre ressource)

         Les chemins vicinaux sont entretenus par prestation (c’est l’équivalent de la corvée).

Ceux qui ne veulent ou qui ne peuvent faire le travail en nature devront verser une somme d’argent.

         Des réparations sont faites aux bâtiments communaux, aux murs et au toit de l’église, du clocher et du presbytère, aux murs et aux portes du cimetière ; la place publique attenante est nivelée, des travaux à la fontaine St Etienne et au lavoir qu’elle alimente.

La cloche de l’église est changée, un marché de refonte est passé avec Lefort de Dijon.

VI/ La monarchie de juillet

Après les émeutes des Trois Glorieuses, la Monarchie de juillet succède à la Restauration, Louis-Philippe devient roi des Français.

1/  La vie municipale

Les évènements de juillet 1830 n’apportent pas grand changement dans la vie communale : le préfet continue à nommer les membres de la municipalité qui prêtent serment selon la même formule qu’au temps de la Restauration. Il n’y a que le cachet de la mairie qui ait changé, une couronne de laurier remplace la couronne royale avec trois fleurs de lys.

P. Pannetier-Virely reste maire jusqu’en 1837 où il est remplacé par son frère JB Pannetier-Brusset, maître de poste, qui cèdera sa place en 1840 à David-Volot puis en 1842 à David-Boisson, médecin, qui devait rester en fonction jusqu’en 1848.

La garde nationale est reconstituée en 1830.

2/ Le cadastre

C’est vers 1840 que fut établi, en vue de la répartition de l’impôt foncier, le cadastre destiné à être substitué à l’ancien plan-terrier seigneurial.

Cependant, on devait se référer longtemps encore, en cas de litige à ces anciens documents.

Le cadastre de 1840 devait durer un peu plus d’un siècle, il fût renouvelé en 1950.

3/ L’école

Une loi de 1833 oblige les communes à construire une maison d’école, car la classe se tenait alors chez l’instituteur.

Ce projet d’école fut longtemps le souci des municipalités successives.

Ainsi, le 1er février 1838 la municipalité adresse la délibération suivante au préfet : « considérant l’importance croissante de la commune, il serait d’une nécessité indispensable de construire une maison commune qui serait destinée à renfermer les archives de la municipalité et fournir un local convenable à l’instituteur pour l’instruction de la jeunesse ».

Le conseil propose de prendre 13.85 ares sur le jardin du presbytère pour construire la maison commune. Le préfet soumet le projet à l’Evêque qui le refuse.

La commune devra donc rechercher un autre terrain, en attendant, on loue pour l’école la maison du Sr Bernard, instituteur démissionnaire et on y installe M Parizon.

En 1842, une occasion se présente, la municipalité achète une maison pour la transformer en « maison commune ».  Les travaux seront terminés en 1846, comprenant, une pièce pour la mairie, une autre pour le logement de l’instituteur, et donc une salle pour l’école des garçons.

Quant aux filles, elles pouvaient fréquenter une école privée tenue par des religieuses dans la maison de l’ancien prieuré et qui fut maintenue comme école spéciale de filles, bien que facultative pour la commune. En 1844, l’académie de Dijon avait donné l’autorisation de tenir une école primaire élémentaire de filles à soeur Debredillet, elle recevait à ce titre un traitement de 200 francs. 

En mars 1842, M Parizon donna sa démission, il fût remplacé par M Baumier.

Ce dernier resta très longtemps à Ivry, où il exerça une certaine influence de par ses différentes fonctions (secrétaire de mairie, adjoint au maire, intendant du château de Coraboeuf).

         Outre son traitement mensuel et ses indemnités de logement, l’instituteur reçoit de ses élèves une rétribution scolaire mensuelle dont le montant est fixé par le conseil municipal.

Cette indemnité varie selon le degré d’instruction donné aux enfants, ainsi pour l’année scolaire de 1839-1840 :

-          Pour les élèves apprenant seulement à lire :           50  centimes 

-          Pour ceux apprenant en outre l’arithmétique pratique

sans théorie et écrivant sur l’ardoise :                  1 franc

-          Pour ceux qui, apprenant en outre de la lecture et de

l’écriture, l’arithmétique, théorie et pratique, la grammaire

française, la lecture des manuscrits :                1.75 francs

Etaient exempts de la rétribution mensuelle, les enfants de parents indigents, ils recevaient l’instruction primaire gratuitement

VII/La seconde république et le second empire

         La révolution de février de 1848 installe un nouveau régime en France, la Seconde république.

1/  La vie municipale

Le 30 juillet 1848, une nouvelle municipalité est élue au suffrage universel, elle est installée le 17 septembre de la même année.

Brillon, notaire, est élu maire, mais ce ne fut pas pour longtemps.

Une note retrouvée aux Archives au sujet de Philibert Brouillard, garde champêtre, révoqué par le préfet, nous laisse penser que Brillon pourrait avoir été révoqué pour ses opinions politiques républicaines « Philibert Brouillard a toujours eu pendant les évènements qui viennent de s’accomplir une attitude qui dénote son hostilité au gouvernement. Serviteur zélé de l’ancien maire Brillon dans ses manœuvres politiques, il lui a prêté un concours actif contre l’élection du président de la République ». 

Le 19 août 1860,  est installé comme maire le marquis de Richard d’Ivry , avec comme adjoint M. Cantin, tous les deux nommés par le préfet. Ils prêtent serment ainsi que les 10 conseillers municipaux.

M. d’Ivry devait être élu maire le 9 septembre 1870, mais il ne fût pas réélu en 1871, il resta cependant quelques temps conseiller municipal.

2/ Réparations de l’église

Après avoir constaté la détérioration de l’église (la cloche est fendue, le mauvais état de la tour du clocher, le presbytère est en ruine), le 13 décembre 1855 le conseil municipal décide l’achat d’une cloche, des réparations au presbytère, la construction d’une flèche sur le clocher et d’un beffroi.

Ces travaux dureront 3 années (de 1857 à 1860), les dépenses seront soldées par un emprunt de 5000 francs, par une subvention et par une imposition extraordinaire de 10 centimes pendant 5 ans (la population en 1856 est de 557 habitants). 

3/ Ecole des filles

En 1859, le conseil accepte l’offre faite par le marquis d’Ivry qui a projeté de racheter la maison habitée par les sœurs institutrices et d’en faire don à la commune d’Ivry à la condition que la « commune aura des religieuses pour institutrices » et qu’elle le fera avec un traitement de 100 francs de plus. 

4/ La guerre de 1870

Elle a laissé peu de traces dans les archives communales.

Quelques hommes furent appelés, des célibataires.

Par contre, les passages de troupes furent nombreux vers la fin de l’année 1870. La municipalité dût faire face aussi à des réquisitions.

5/ Incident du 14 février 1871

Un incident tragique eut lieu le 14 février 1871 à Ivry, jour de foire.

Une petite troupe de Prussiens arriva jusqu’au village, venant de Bligny. Quand elle repartit des gens de la foire les reconduisirent à coups de pierres et de boules de neige jusqu’à ce qu’un des soldats, se retournant, fît feu sur les poursuivants. Un homme de Santosse, Meney, fût tué. La poursuite s’arrêta, il n’y  a pas eu d’autre conséquence grâce à une démarche du marquis d’Ivry auprès du commandant ennemi ; il fit valoir que, en ce jour de foire, le village avait reçu beaucoup d’étrangers à la commune et que la « reconduite » inconsidérée n’était pas le fait des seuls habitants d’Ivry.

Le registre des délibérations de 1871 indique un don de 300 francs fait par la commune d’Ivry à la veuve Meney de Santosse , dont « le mari a été tué par les Prussiens le 14 février , pour la foire d’Ivry ».

VIII/ Ivry à partir de 1870

1/  La vie municipale

Les élections de 1871 amenèrent à la municipalité des hommes nouveaux, en majorité « républicains ». Le marquis d’Ivry ne fût pas réélu comme maire, il fût remplacé par Edmond Pannetier (jusqu’en 1888), avec J Baumier comme adjoint.

Au début de cette période, un double conflit opposera la commune et le marquis. 

Tout d’abord, l’école des filles, la municipalité demande la nomination d’une institutrice pourvue d’un brevet de capacité ; c’était demander la laïcisation de l’école des filles, ce qui était contraire à la convention passée avec M. d’Ivry (il avait donné la maison d’école à condition qu’elle soit tenue par des religieuses). La municipalité devra chercher un nouveau local pour l’école des filles. 

Ensuite, l’affaire du lavoir.

La municipalité souhaite en 1883 la construction d’un lavoir, elle charge le maire d’entrer en pourparlers avec le marquis pour la cession d’une partie d’un terrain où doit être construit le futur lavoir. Le marquis refuse cette vente, il ne voit pas l’utilité d’un nouveau lavoir, car  les habitants d’Ivry pouvaient continuer utiliser celui du château pendant 5 jours dans la semaine (le marquis se réservant l’usage le lundi et le mardi).

 La municipalité jugeant le lavoir du château en mauvaise état estime nécessaire la construction d’un lavoir municipal. Le conflit monte en intensité car la municipalité conteste la propriété du lavoir du château et demande son expropriation auprès du préfet, mais ce dernier refuse la déclaration d’utilité publique étant donné que le marquis offrait l’usage du lavoir.

Finalement, en 1888, un lavoir neuf fût construit en Gouault, malgré le faible débit de la source.

En 1908 fut construit un petit lavoir «au-dessus d’Ivry », utilisant les eaux évacuées de la nouvelle plâtrière.

Ainsi, tant mal que bien, le village pouvait « rincer ses lessives » sauf les années de grande sécheresse, où on devait se rendre jusqu’à l’étang de Bellecomme, à 2 km.

2/  Les chemins de fer

Le chemin de fer d’Epinac à Pont d’Ouche est à l’initiative du propriétaire de la Compagnie des Houillières d’Epinac, qui eût l’idée de transporter le charbon jusqu’au canal de Bourgogne par une ligne de chemin de fer longue de 28 km.

Le préfet lança en 1829 une enquête publique, la municipalité d’Ivry donna un avis défavorable à ce projet et beaucoup d’habitants étaient aussi opposés à cette construction.

Malgré l’hostilité des populations, le conseil général conclut à la déclaration d’utilité publique le 7 avril 1830 et approuva le tracé (il fallut recourir fréquemment à l’expropriation).

La grande difficulté de ce tracé était de rattraper la différence de niveau entre la vallée de la petite Drée et le village d’Ivry. On le fit au moyen d’un plan incliné de 12 cm par mètre sur 300 m de longueur. Les wagons chargés de charbon étaient hissés au moyen d’un câble tiré par une machine fixe de 20 CV, commandée par un machiniste.

Les travaux furent lents. Commencés en 1830, ils ne furent terminés qu’en 1835.

Ce n’était qu’un chemin de fer à traction animale (chevaux ou bœufs), la Compagnie ayant passé des contrats avec les habitants, mais petit à petit la traction mécanique remplaça les animaux.

Il y eut des accidents, notamment le 2 décembre 1856, où un cultivateur fût écrasé au moment où il faisait traverser la voie  à son bétail.

Il a été question à maintes reprises de la prolongation de la ligne du Pont d’Ouche jusqu’ à Velars où elle serait raccordée avec la grande ligne (le but était de constituer une ligne Epinac – Dijon). La Compagnie qui s’était engagé à réaliser les travaux repoussait d’année en année l’exécution du projet et elle fut finalement dispensée de son engagement.

La Compagnie PLM s’intéressa à ce dossier et après de lourds travaux pour ne plus utiliser les plans inclinés (comme celui d’Ivry), la nouvelle ligne Epinac – Dijon fût ouverte le 1 juin 1905.

Avec 6 trains par jour (3 dans chaque sens) et malgré la lenteur  (particulièrement dans les montées) et le nombre de gares (17 gares entre Dijon et Epinac sur 65 km), ce chemin de fer rendit de grands services et ouvrit la circulation des villages qui, auparavant, devaient parcourir de longues distances pour atteindre les gares.

Cette ligne fonctionna durant 35 ans, de 1905 à 1940. 

2/  Les routes et chemins

Les croisements des vieux chemins ont déterminé le site du village ancien et celui du château, l’extension du village a été fonction de la grande route reliant Paris à Lyon, une des principales routes de Bourgogne et de France. C’est vers la fin du 17ème siècle que la rectification de la route entraîna le développement d’Ivry. Tout au long de la montée d’Ivry s’édifièrent des maisons nouvelles avec cour à double portail (on entrait par l’un et l’on sortait par l’autre, pour éviter la difficulté de faire tourner sur place les attelages). Dans le même temps,  le nombre des aubergistes augmentait ainsi que celui des artisans de la route (maréchaux-ferrants, charrons, etc).

La population d’Ivry augmenta rapidement. Cette activité se soutint tout au long du 18ème siècle et jusqu’au milieu du 19ème siècle où la concurrence du chemin de fer fut fatale à la route.

Ce furent alors les chemins vicinaux et départementaux,  les voies secondaires d’accès aux gares qui se développèrent vers Nolay, Bligny, Epinac et Beaune.

Cet état d’abandon  de la grande route dura jusque vers 1900 où l’automobile fit son apparition. On connaît le développement rapide que prît ce nouveau moyen de transport et la route connut de nouveau un trafic intense amenant une usure plus rapide de la chaussée.

Mais l’intensité de la circulation et la vitesse accrue incita le service des Ponts et Chaussées à détourner la route des agglomérations. C’est ainsi - alors qu’Ivry voyait passer plusieurs milliers de voiture et de camions par jour - que la route fut déviée et aborda le versant par une pente plus régulière.